Le Problème de « Forcer Malgré Tout »
- Heidi Thériault

- il y a 5 jours
- 3 min de lecture

Pourquoi votre corps résiste davantage en hiver
À la fin janvier, beaucoup de gens remarquent le même schéma. Le corps est plus raide, l’énergie est irrégulière et des inconforts familiers persistent plus longtemps que prévu. Le réflexe est souvent de forcer. Plus d’entraînement, plus d’étirements, moins de repos.
En apparence, cela semble discipliné. En réalité, cette approche va souvent à l’encontre du fonctionnement du corps.
Pourquoi « forcer » semble logique, mais ne fonctionne pas
Sur le plan culturel, nous associons le progrès à l’effort. Quand quelque chose ne va pas, on suppose que l’on n’en fait pas assez.
Physiologiquement, l’hiver change les règles.
Le froid amène les muscles à maintenir un tonus de repos légèrement plus élevé afin de conserver la chaleur. Cela signifie que les tissus travaillent déjà davantage avant même de bouger. Ajoutez à cela des journées plus courtes, moins de mouvement spontané et davantage de temps assis, et les muscles s’adaptent en se raccourcissant et en se resserrant.
À la fin janvier, de nombreux muscles ne sont pas sous-entraînés. Ils sont surchargés.
Fait intéressant : les muscles ne se relâchent pas sur commande
Les muscles ne sont pas contrôlés par la volonté. Ils répondent aux signaux du système nerveux. Lorsque celui-ci perçoit du stress, de la fatigue ou du froid, les muscles augmentent leur tension comme mécanisme de protection.
C’est pourquoi des étirements agressifs ou des entraînements très intenses peuvent parfois accentuer la raideur au lieu de la diminuer. Le système nerveux interprète la force comme une menace et maintient le muscle en état de défense.
La détente n’est pas quelque chose que l’on impose. C’est quelque chose que l’on permet.
Ce qui se passe réellement lorsque l’on force malgré la tension
Lorsque des muscles tendus ou irrités sont sollicités de façon répétée :
la circulation devient plus restreinte
les déchets métaboliques s’accumulent plus facilement dans les tissus
l’amplitude de mouvement diminue
le corps compense, en transférant la charge vers d’autres zones
Avec le temps, un cycle s’installe. Une région se contracte, une autre surtravaille, et l’inconfort se déplace. Une douleur au cou devient une douleur à l’épaule. Une tension aux hanches apparaît dans le bas du dos. Ce qui semblait gérable au départ devient persistant.
Pourquoi l’hiver est différent des autres saisons
Pendant les mois plus chauds, une meilleure circulation et plus de mouvement quotidien aident les tissus à récupérer plus facilement. En hiver, ces mécanismes naturels de récupération sont diminués.
Des études montrent que l’exposition au froid réduit le débit sanguin vers les muscles périphériques. Moins de circulation signifie une récupération plus lente et une augmentation de la raideur. C’est l’une des raisons pour lesquelles des blessures ou des poussées douloureuses apparaissent souvent en hiver, même lorsque le niveau d’activité n’a pas changé de façon marquée.
L’hiver n’est pas la saison de l’intensité. C’est la saison de l’entretien.
La place du massage dans cette réalité
Le massage thérapeutique travaille avec le système nerveux, et non contre lui.
Plutôt que de forcer les tissus à s’allonger ou à performer, le massage utilise une pression contrôlée et un rythme précis pour envoyer un signal de sécurité. Lorsque les muscles se sentent soutenus plutôt que sollicités, ils sont plus enclins à relâcher les tensions accumulées.
Le massage augmente également la circulation locale, ce qui est particulièrement important en période froide. Une meilleure circulation permet aux muscles d’éliminer les déchets métaboliques, de recevoir plus d’oxygène et de retrouver leur élasticité normale.
De nombreuses personnes remarquent qu’après un massage, les mouvements deviennent plus fluides et demandent moins d’effort. Ce n’est pas parce que la force a augmenté soudainement, mais parce que la résistance a diminué.
Fait intéressant : la tension consomme de l’énergie
Maintenir une tension musculaire nécessite une activation nerveuse continue. Autrement dit, des muscles tendus coûtent cher en énergie. Réduire les tensions inutiles peut améliorer le niveau d’énergie global sans modifier l’activité physique ni le sommeil.
C’est pourquoi plusieurs personnes se sentent plus légères ou plus reposées après un massage, même sans avoir dormi davantage ou changé leurs habitudes d’entraînement.
Une approche plus intelligente de l’inconfort hivernal
Plutôt que de forcer malgré l’inconfort, une approche plus efficace consiste à :
réduire l’intensité tout en maintenant une certaine régularité
soutenir la circulation et la récupération des tissus
intervenir sur les zones tendues avant que la douleur ne s’installe
écouter les signaux précoces plutôt que de les ignorer
Le massage s’inscrit dans cette approche comme un soin préventif, et non comme une intervention de crise.
Écouter plutôt que forcer
L’inconfort n’est pas un obstacle à surmonter. C’est une information.
À la fin janvier, le corps ne demande pas plus de pression. Il demande de l’attention. Lorsque l’on répond de façon appropriée, la tension diminue, le mouvement s’améliore et l’énergie se stabilise naturellement.
Parfois, la chose la plus productive à faire est d’arrêter de forcer et de commencer à soutenir le corps.
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